« L’amendement et les décisions sont adoptées ». C’est par ces mots, que, Vincent Biruta, le ministre rwandais des Ressources Naturelles a annoncé le dénouement du 28e sommet des Parties au Protocole de Montréal signé en 1987 et dont l’objectif, est de lutter contre les substances appauvrissant la couche d’ozone.

Cette rencontre, qui s’est tenue à Kigali, du 6 au 14 octobre a abouti, à un accord portant sur l’élimination progressive des HFC (Hydrofluorocarbures), gaz, utilisés dans les systèmes de réfrigération et d’air conditionné. Ces derniers, même s’ils ne contribuent pas à la destruction de la couche d’ozone, constituent des gaz à effet de serre dont le pouvoir de réchauffement est 14000 fois plus important que celui du CO2.

L’Amendement de Kigali, nom officiel de l’accord, représente donc, un pas important dans la lutte contre le réchauffement climatique et vient conforter l’accord de Paris sur le climat conclu en 2015. « C’est une grande victoire pour le climat. Nous avons fait un pas important en vue de concrétiser les promesses formulées à Paris en décembre »  s’est félicité Miguel Arias Canete, le Commissaire européen au Climat.

Un effort global, mais différencié

Un calendrier d’élimination des HFC, fixe une échéance et définit l’effort que chaque pays ou groupe de pays doit consentir pour parvenir à l’objectif commun.Trois groupes de pays sont ainsi à distinguer.

Le premier, celui des pays développés, s’est résolu à réduire sa consommation de HFC de 10% d’ici 2019 par rapport aux niveaux de la période 2011-2013 et de 85% à l’horizon 2036. Le second, formé par les pays en voie de développement et incluant la Chine et les pays africains, s’est engagé à se mettre sur la voie de la transition en 2024. Par ailleurs, il prévoit un objectif de réduction de 10% par rapport au niveau de 2020-2022 d’ici 2029 et de 80 % d’ici 2045.

Le troisième groupe, celui des pays en voie de développement mais comprenant le Pakistan, l’Inde, l’Iran, les états du Golfe et l’Irak, a opté quant à lui, pour le début d’une réduction dès l’an 2028, avec une cible de réduction de 10% par rapport aux niveaux de 2024-2026,  qui doit être atteinte en 2032 et portée à 85% à l’horizon 2047.

L’accord engage, tous les pays dans le respect de leurs objectifs, et prévoit, des sanctions pour les états, dans le cas échéant. Le financement alloué à la mise en œuvre à l’échelle mondiale de ces mesures, est  évalué en plusieurs milliards de dollars.

D’après une étude menée par l’Institute for Governance and Sustainable Development (IGSD), un groupe de réflexion, l’élimination des HFC pourrait permettre de réduire de 0,5°C le réchauffement mondial d’ici l’horizon 2100.

Pour rappel, le Rwanda, fait figure d’exemple, dans la mise en œuvre du Protocole de Montréal. Le pays des mille collines, est en effet parvenu en 2009, à l’utilisation zéro du Chlorofluorocarbone (CFC), un gaz réfrigérant qui détruit la couche d’ozone, soit, un an avant le délai officiel 2010, fixé.