A moins de 3 semaines de la COP21, des questions se posent et les divisions se font déjà sentir au niveau des pays. Elles se résument à cette question : Accord contraignant ou non ? D’après John Kerry, secrétaire d‘Etat américain, « il n’y aura pas d’objectifs de réduction juridiquement contraignants comme cela avait été le cas pour le protocole de Kyoto de 1997 ». Mais pour, François Hollande, président français, « l’accord sera contraignant ou il n’y aura pas d’accord ».“ Malentendu communicationnel ” ou véritable opposition ?

Accord contraignant

Si accord il y a et si c’est contraignant, c’est d’abord l’assurance que son respect sera garanti. Et puis, lorsque l’accord devient obligatoire, chaque pays peut jouer sa partition pour régler un problème auquel il y a contribué. Cela permet donc à long terme, d’envisager d’atteindre les objectifs prévus par la communauté internationale en matière de réduction du réchauffement.

Il n’est pas évident à priori que même un accord contraignant permettent d’atténuer les effets du changement climatique, mais au moins une barrière, celle des multiples divisions sur le climat serait franchie.

Accord non contraignant

Si un éventuel accord était non contraignant, les différences seraient conséquentes. Un accord non contraignant permet en effet, à chaque pays de choisir comme pour Kyoto « de quitter le navire qui coule à bord de son canoë ».

Donner une marge de choix au pays me parait dangereux, à plusieurs titres. Tout d’abord, cela encourage la déserte des grands pollueurs qui n’avaient déjà aucun intérêt économique et diminuer leurs émissions de gaz de effet de serre. Décider de suivre ? Cela ouvre des perspectives climatiques bien sombres. On assistera peut être à la non ratification des principaux pollueurs comme c’était le cas pour le protocole de Kyoto et l’objectif de réduire de 2°C les émissions risque de voler en éclat ouvrant la porte à des conséquences que les spécialistes du climat maitrisent mieux que moi. En somme, un accord non contraignant, ne conduirait qu’à un futur incertain.

Force est de reconnaître, que les choses ne sont pas aussi faciles. La géopolitique, l’économie combinée à l’implication présente et future du changement climatique et à des préoccupations très différentes par pays ou par région ne fournit pas un terreau particulièrement fertile au consensus.

L’ important pour moi est de ne pas faire semblant à la COP21 en votant un accord pour se avoir bonne conscience et dire « ouf ».Pourquoi ? Parce qu’il ne faut pas jouer avec le changement climatique qui a déjà des effets catastrophiques sur des populations du monde qui attendent beaucoup de cette conférence.