S’il semble assez facile de s’accorder sur les nombreux impacts des changements climatiques sur la  dimension globale des problèmes environnementaux qui en découlent, tout devient compliqué quand il s’agit de se mettre d’accord sur la réponse à trouver à la question qui fâche « Qui va payer l’addition ? »

Remarquez  que, il ne s’agit plus  d’identifier un bouc émissaire tout désigné pour payer les pots cassés, mais il s’agit  de trouver les solutions à un problème qui implique, qui engage tous les pays du monde. Il ne s’agit de nous interroger sur le long terme, de décider ensemble de l’avenir de notre planète et de l’humanité. Est-il besoin de dire que les changements climatiques ont des conséquences indirectes et directes qui vont au-delà de l’échelle d’un pays??

Cependant, le changement climatique est fondamentalement injuste. Les pays qui ont des moyens d’adaptations économiques et politiques sont les moins touchés mais sont les plus gros pollueurs : USA et Chine en tête (environ, 45 % du total des émissions de CO2 de la planète) alors que les pays qui contribuent peu au changement climatique,   sont les plus impactés et les plus démunis contre ces changements climatiques.

Face donc à ce constat de vulnérabilité du continent africain, quels sont enjeux réels  de la conférence de Paris pour l’Afrique ? Qu’est-ce-que les pays africains peuvent attendre d’une telle conférence? Qu’y-a t‘il a gagner ou à perdre ?


La COP 21 : D’où venons-nous, où allons-nous?

En tous cas , nous venons de loin à en juger par les nombreuses conférences qui se sont déjà déroulées  sur l’environnement et qui,  les unes après les autres n’ont pas combler les attentes ou bien ont déçues .Il ne m’est pas exagérer semble-t-il de considérer la conférence de Paris comme un autre épisode , sans doute le plus important du feuilleton des tentatives pour parvenir à un accord global sur le climat au-delà du clivage pays du sud et pays du nord , pays en voie de développement et pays émergents ,pays à responsabilité élevée et pays à responsabilité faible,etc. Il faut dire que cette conférence qui débute le 30 novembre à Paris sera l’une des plus grandes conférences internationales sur le climat. Elle apparaît-même comme celle de la dernière chance. Si on ne se met pas d’accord à Paris pour limiter les dégâts, alors, les négociations onusiennes sur le climat auront été vaines.

Le climat est alors devenu, après la bombe atomique, la chose de l’ « anthropocène »,   la plus inquiétante  et la plus dangereuse.

Bref rappel historique des négociations onusiennes sur le climat 

À l’image de l’enjeu planétaire des changements climatiques, les négociations internationales sur ces changements n’ont cessé de prendre de l’ampleur depuis Rio en 1992. Après l’entrée en vigueur du Protocole de Kyoto en 2005, une vision à plus long terme s’est imposée avec le Plan de Bali en 2007, puis la validation à Copenhague en 2009 d’un objectif commun visant à contenir le réchauffement climatique à 2°C.    Cancun en 2010 a ensuite permis la concrétisation de cet objectif par la création d’institutions dédiées sur des points clés, dont ceux de l’adaptation, le Fonds vert pour le climat ou le Mécanisme technologique. La volonté d’agir collectivement s’est traduite par la création, en 2011, de la plate-forme de Durban (ADP) qui a pour mission de rassembler autour de la table tous les pays, développés et en développement, afin de travailler à un « protocole, à un instrument juridique ou à un résultat ayant force de loi » qui sera applicable à toutes les Parties à la Convention Climat de l’ONU. « Le nouvel instrument » devra être adopté en 2015 et mis en œuvre à partir de 2020. La conférence de Doha a entériné l’engagement de plusieurs pays industrialisés dans une seconde période d’engagement du Protocole de Kyoto (2013/2020) et a mis fin au mandat de Bali. La Conférence de Varsovie en 2013 a permis de franchir une étape indispensable pour parvenir à un accord universel sur le climat à Paris en 2015 et ce, grâce à l’opiniâtreté de l’Union européenne : tous les États devront communiquer leurs contributions en matière de réduction de gaz à effet de serre avant la Conférence de Paris .

Source : climate-crowdsourcing .org

Où allons-nous?

Les stats : « Les scientifiques nous disent qu’avec de 2 degrés de plus (un scénario qui risque de se concrétiser d’ici 20 à 30 ans), le monde connaîtra des pénuries alimentaires généralisées, des vagues de chaleur sans précédent et des cyclones plus intenses », résume Jim Yong Kim, président du Groupe de la Banque mondiale. On a donc deux choix :

  • Soit nous continuons avec notre capitalisme effréné, notre folie énergivore,   toujours plus de consommation de pétrole,  augmentation des émissions en gaz à effet de serre, et nous nous préparons à subir les conséquences des changements climatiques qui nous accablent déjà : Vague de chaleur, perturbations des cycles pluviométriques, inondations liées à la hausse du niveau de la mer, perte de biodiversité, désordre climatique ;
  • Soit nous allons en Décembre, vers un accord global contraignant  qui permettra de stabiliser le réchauffement climatique sous 2°C et enclencher un développement sobre en énergie et résilient aux impacts du changement climatique pour tous.

L’ accord entre les USA et La Chine conclut le 12 novembre 2014 va dans le sens de la deuxième option.  Ils se sont fixé en effet, de nouveaux objectifs concernant leurs émissions en gaz à effet de serre. Les Etats-Unis ont annoncé une réduction de 26 à 28 % de leurs émissions d’ici 2025 par rapport à 2005. Quant à la Chine, elle envisage d’atteindre un pic des siennes autour de 2030, si possible avant est-il précisé. Alors coup de pub ? Ou prise de conscience subite ? Je m’interroge.

Du côté de chez l’Afrique?

D’ après le rapport du cabinet britannique Maplecroft sur la vulnérabilité des pays et des villes au réchauffement climatique, si  le   Bangladesh est le pays le plus vulnérable au monde, six pays africains figurent dans les dix premiers du classement, notamment à l’Ouest du continent avec la Guinée-Bissau, la Sierra Leone et le Nigeria.

Les pays africains qui  dépendent  de l’agriculture  pluviale  auront donc pour défis a relever  : une baisse des rendements agricoles, des saisons de végétation brèves et les modifications du régime des précipitations, l’insécurité alimentaire,  l’exposition accrue aux inondations côtières, aux événements climatiques extrêmes et à la multiplication des risques pour la santé humaine.

Le Bénin dans le contexte africain des changements climatiques

D’après le rapport SITUATION ENVIRONNEMENTALE ET CLIMATIQUE DU BÉNIN présenté par Médard C. OUINAKONHAN , Assistant du Point Focal Changements Climatiques du Bénin , on pourrait assister une hausse de température  dans toutes les régions du pays, allant de 2,6°c à 3,27°c à horizon 2100, par rapport à la période de référence 1971-2000.Ce rapport projette également une élévation de niveau de la mer de 0,81 m, sur la période 2000-2100.Ce qui aura des effets directes comme : l’inondation côtière, intrusion d’eau saline dans les cours et nappe d’eau, la destruction infrastructures, la perturbation des activités des activités de pêche.

Face à tous ces immenses défis et contraintes qui accompagnent les changements climatiques, tous les pays africains doivent parler comme une seule voix  à la conférence de Paris , au delà de leur extrême diversité tant sur le plan politique qu’environnemental.

L’enjeu principal serait d’augmenter la pression sur les pays développés et émergents pour obtenir en Décembre un accord favorables aux pays pauvres et plus Vulnérables .Ils doivent élaborer des plans d’adaptations qui vont leur permettre de faire face aux changements climatiques actuels et anticiper les changements futurs.

Cependant, il semble illusoire, de penser que nous pouvons changer les choses en nous acharnant sur la manière de régler leurs conséquences. Attachons-nous tout d’abord par le biais de ces changements climatiques, à changer notre  modèle  de développement.