En ce 20 juillet où ont célèbre la journée africaine de l’écologie, quelle est la situation écologique du continent ? Est-on sur la bonne voie vers l’écologie? Et quelles perspectives?

Tout n’est pas rose

Si il y a une chose qui caractérise l’Afrique c’est bien son sous-sol minier florissant et sa riche biodiversité faunique et floristique. Dans un article intitulé Ressources minières : la fin d’une malédiction parut dans le magazine Afrique Renouveau en 2014, Kingsley Ighobor souligne que d’après la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), le continent abrite 54 % des réserves mondiales de platine, 78 % de diamants, 40 % de chrome et 28 % de manganèse.

Grâce à l’exploitation et la commercialisation de ces ressources, plusieurs pays africains depuis quelques années affichent un bon de taux de croissance quand les autres grands pays du monde, États-Unis ou Europe, sont en récession. Cette croissance a des mérites, il faut le reconnaitre. Néanmoins, elle se fait au prix de la perte de la biodiversité et favorise  l’érosion écologique.

L’Indice de Planète Vivante, un indicateur développé par le fonds mondial pour la nature (WWF) qui reflète l’évolution de la biodiversité dans le monde, signale en Afrique une réduction de 39 pour cent de l’effectif des populations animales  entre 1970 et 2008. Plusieurs espèces animales sont le témoin de ce déclin. Le rapport sur l’Empreinte écologique de l’Afrique publié conjointement de la WWF et de la Banque Africaine de Développement (BAD) en 2012, estime que le nombre d’éléphants en Afrique centrale a baissé de plus de 50 pour cent en un peu plus de 10 ans (entre 1995 et 2007), en raison principalement du braconnage. Il souligne également que le braconnage des rhinocéros a augmenté de 3000 pour cent en Afrique du Sud entre 2007 et 2011. Ce même rapport a établi que l’empreinte écologique de l’ensemble des pays africains a augmenté de 240% entre 1961 et 2008.

Cependant, le rapport souligne qu’avec une moyenne par habitant de 1,4 hectare global (hag), largement inférieure à la moyenne mondiale par habitant de 2,7 hag en 2008, l’Afrique reste le continent avec l’empreinte écologique la plus faible contrairement par exemple à l’Amérique du Nord qui est en tête avec 9,2 hag par habitant.

Néanmoins d’après le rapport, lorsqu’on ajoute la croissance démographique, la hausse de la demande énergétique et l’urbanisation, il deviendra très difficile de conserver un alignement entre systèmes écologiques et la qualité de la croissance sur le continent qui sera d’autant limitée, car basée sur des ressources naturelles qui s’épuisent plus rapidement qu’elles ne peuvent se renouveler.

La World Population Review a évalué la population africaine en 2016, à environ 1,19 milliards d’individus en 2016. Cette population est prévue atteindre entre 1,93 et 2,47 milliards de personnes d’ici 2050. Avec cette croissance démographique, la consommation des ressources va augmenter à cause de la forte urbanisation qui sera provoquée par l’afflux massif des populations vers les villes. Qui dit urbanisation, dit changement des modes de vie et donc plus de consommation de ressources.

Une longue marche

Passer d’un continent qui a jusqu’ici miser son développement sur les ressources fossiles à un continent qui se développe les yeux fixés sur les considérations écologiques ne se fait pas en un jour, il va falloir du temps. La transition risque d’être longue mais elle est indispensable. Avec son empreinte écologique et son Indice de Planète Vivante relativement faibles, le rapport souligne qu’il est plus que nécessaire pour l’Afrique de retrouver une nouvelle trajectoire de croissance durable – qui répond aux besoins d’aujourd’hui, sans limiter les possibilités offertes aux générations futures.

Et ce d’autant plus que avec le mode actuel de développement, du continent long terme le contient devra choisir entre satisfaire les besoins par la surexploitation des ressources et  sauvegarder les services écologiques des écosystèmes. D’après le rapport, l’ Afrique peut adopter  une approche plus efficace en termes de consommation de ressources à l’aide de technologies rentables et connues.

Pas question de faire demi-tour pour le Rwanda

rwanda-energie-solaire-centraleSi il a un pays qui a commencé une longue mais sûr marche vers l’écologie sur le continent, c’est bien le Rwanda. Le pays fait ses premiers pas sur le sentier de l’écologie depuis quelques années grâce à une volonté politique manifeste.

En effet, la loi rwandaise interdit depuis 2008, l’utilisation et la vente de sacs plastiques, véritable fléau environnemental à travers tout le continent. Mais le pays ne s’arrête pas là. Le pays a initié le plus grand projet d’énergie solaire subsaharien avec l’installation d’une centrale électrique solaire d’une capacité d’environ 8,5 mégawatts. Le cas du Rwanda donne la preuve que l’Afrique peut bien entamer sa marche vers l’écologie.

Document utilisé

WWF, BAD, 2012. Rapport sur l’empreinte écologique de l’Afrique, Infrastructures vertes pour la sécurité écologique en Afrique.