Le premier qui proposa  le concept de Livre rouge (Red Data Book) s’appelle sir Peter Scott en 1963 et les deux premiers volumes (les mammifères et les oiseaux) furent publiés en 1966. La Liste rouge des espèces menacées est publiée et mise à jour par l’Union Internationale de Conservation de la Nature. Il s’agit de l’inventaire mondial le plus exhaustif de l’état de conservation global de toutes les espèces vivantes (animales comme végétales).

La liste rouge : un concept scientifique

Cette liste se repose sur des bases scientifiques et constitue l’outil de référence le plus fiable pour évaluer le niveau des menaces pesant sur la biodiversité des espèces vivantes. Partant d’ informations précises sur les espèces menacées, son but essentiel est selon l’UICN d’identifier les priorités d’action, de mobiliser l’attention du public et des responsables politiques sur l’urgence et l’étendue des problèmes de conservation, et d’inciter tous les acteurs à agir en vue de limiter le taux d’extinction des espèces.

La Liste rouge permet de répondre à des questions essentielles, telles que :

  • Dans quelle mesure telle espèce est-elle menacée ?
  • Par quoi telle ou telle espèce est-elle spécialement menacée ?
  • Combien y a-t-il d’espèces menacées dans telle région du monde ?
  • Combien a-t-on dénombré de disparitions d’espèces ?

Comment la liste rouge est-elle établie ?

Le système mis au point pour l’établissement de la Liste rouge est le résultat d’un vaste processus de concertation, d’élaboration et de validation ayant duré plusieurs années et mené par les experts de la Commission de sauvegarde des espèces de l’UICN.

La Commission de la sauvegarde des espèces est la plus grande des six Commissions bénévoles de l’UICN avec un réseau mondial d’environ 7000 experts.

Avec le système de la Liste rouge de l’UICN, chaque espèce ou sous-espèce peut être classée dans l’une des neuf catégories suivantes du plus grave au moins grave :

  • Eteinte (EX)
  • Eteinte à l’état sauvage (EW),
  • En danger critique (CR),
  • En danger (EN),
  • Vulnérable (VU),
  • Quasi menacée (NT),
  • Préoccupation mineure (LC),
  • Données insuffisantes (DD),
  • Non évaluée (NE)

Florian Kirchner, chargé du programme « espèces » pour la branche française de l’Union internationale de conservation de la nature nous donne  plus d’explication dans une interview accordé à Reporterre.

« La liste existe depuis plus de 50 ans. Historiquement, elle a commencé par les espèces que l’on pensait prioritaires, c’est-à-dire sur le point de disparaître. La première liste recensait surtout des mammifères et des oiseaux [dès 1964]. Aujourd’hui, on progresse petit à petit par groupe d’espèces. Par exemple, on a évalué toutes les espèces d’oiseaux au monde — il y en a environ 10.000 — et on a pu déterminer que 13 % d’entre elles étaient menacées d’extinction. Pour les mammifères, c’est une espèce sur quatre. Pour les coraux tropicaux, 33 % des espèces sont menacées. Pour les requins et les raies, 30 % ; pour les amphibiens 42 %, et en ce qui concerne les conifères — car on s’intéresse aussi aux plantes —, 34 %. La dernière grande évaluation en date est celle des cactus dont 31 % des variétés risquent de disparaître. Beaucoup d’espèces ne sont pas encore évaluées, mais à chaque fois que l’on s’intéresse à un nouveau groupe, nous constatons un fort taux de menace. Et cela pour toutes les espèces, sur terre et dans les océans, dans toutes les régions du monde. »

Concluons !

Certaines espèces doivent disparaissent pour laisser d’autres apparaitrent, cela fait partie de la nature, mais, malheureusement, le rythme auquel la plupart d’entre elles s’éteignent ainsi que leur nombre sont bien trop grands. Partout dans le monde, des Organisations Non Gouvernementales (ONG) font tout leur possible pour protéger ces espèces en danger. La plus connue dans le monde est la WWF (World Wildlife Fund ou « Fonds Mondial Pour La Vie Sauvage »). En Afrique, nous pouvons citer : Nature tropicale (au Bénin), …. Limble Wildlife Center (Cameroun),  Help Congo (Congo), Africat (Namibi) etc. A travers la sensibilisation et quelques fois en sanctionnant avec le concours des gouvernements, ces organismes luttent avec bravour afin de conserver et maintenir une nature riche pour notre postérité.

Vous voulez aider l’UICN dans la maintenance de la Liste rouge ? Faîtes un don !

 

L’interview complet de Reporterre avec Florian Kirchner