Sous le soleil ardent d’un samedi, dans une von de Cotonou, on aperçoit une rangée de  bâches. Sous celles-ci, une foule de personnes. Une fête ? Oui, tous sont vêtus de pagnes de même modèle, cousus pour la circonstance. L’atmosphère est chaude, sonorisée. La nourriture coule à flot : « Servez-vous », « Du riz, en voulez-vous, en voilà !» pourrait-on entendre.

Ces scènes sont courantes dans les rues de nos quartiers et villes. Ces cérémonies qui, rassemblent  généralement parents, les voisins, les collègues et  amis, ont un effet pervers : le gaspillage alimentaire.

Un détergent, une éponge et de l’eau

Si on se débarrasse des déchets alimentaires dans les poubelles en occident, chez nous ici au Bénin, la méthode pratique pour se débarrasser des déchets alimentaires est tout autre mais tout aussi efficace.

Pendant ou après une fête se pose naturellement le problème des restes alimentaires. Pour les plus pressés, il suffit d’un détergent (le plus souvent « So Klin »), une éponge, de l’eau pour  que les contenants soit débarrassés de leurs restes alimentaires. Tout ceci se fait bien sûr dans une bassine qui sera vidée de son contenu dans la cour, ou sur un tas d’ordures si trop concentré en « déchets alimentaires », que les animaux ou la nature se chargeront de nettoyer avec le temps.

C’est ainsi que, des kilogrammes de produits alimentaires qui souvent restes comestibles sont ainsi jetés dans la plus grande indifférence générale. Et qui s’en plaindra ? Cette manière de faire est rapide permet d’accélérer le nettoyage et permet de se consacrer à d’autres affaires.

Entre excès et fatalité

De nombreuses raisons peuvent expliquer le gaspillage observé. On peut citer :

  • une mauvaise planification des repas;
  • la préparation de rations trop importantes;
  • la mauvaise gestion des surplus;
  • les largesses lors de la distribution.

A toutes ces causes, il faut joindre la banalisation. Celle-ci a fait entrer le gaspillage dans nos habitudes et dans nos mœurs. Après chaque fête, c’est de coutume de laver les restes et je les jeter. C’est dans doute celle-ci qui est la cause principale, sinon celle qui contribue le plus au gaspillage.

J’accuse

Le gaspillage alimentaire que nous faisons rend inutile le travail que plusieurs milliers d’agriculteurs béninois réalisent chaque jour dans leur exploitation pour satisfaire les besoins d’une population urbaine grandissante, qui ne se demandent pas d’où vient la nourriture qu’elle consomme. Jeter de la nourriture après chaque fête représente plus qu’un gâchis, c’est aussi une perte de ressources : des  sols, aux engrais en passant par l’eau utilisée pour l’irrigation sans oublier l’énergie qu’elle consomme. Par ailleurs, tout cela a un coût économique. On achète plus que l’on utilise réellement. Lorsqu’on jette la nourriture, c’est donc de l’argent que l’on perd.

En résumé, le gaspillage alimentaire est une pratique à bannir de nos habitudes, d’autant plus quand on sait que plusieurs béninois ne mangent pas encore à leur faim.

Réduire le gaspillage, c’est possible

Si on ne peut pas bannir le gaspillage alimentaire après les fêtes, le réduire est possible. Comment ?

Agir en amont est un moyen de réduire la quantité de déchets alimentaires : Définir les quantités, réutiliser les restes alimentaires, rationaliser les achats d’ingrédients ou de condiments nécessaire à la préparation des repas sont tant que choses que nous pouvons faire de notre côté pour limiter ce gaspillage alimentaire.