Place to B est une initiative née sous la houlette de Anne Sophie Novel, docteur en économie, journaliste et blogueuse spécialisée dans l’écologie et les alternatives durables, l’innovation sociale et l’économie collaborative.

Dans un interview qu’elle a accordée à Green Focus Magazine,  Anne-Sophie Novel fait le tour d’horizon de son initiative et des enjeux de la COP21.

C’est quoi Place to B et d’où est partie l’idée?

« Place to B est parti de l’expérience que j’ai eu à la COP15 en 2009 à Copenhague »

J’avais rejoint la COP15 à Copenhague en 2009 en tant que bloggeuse et je me suis retrouvé dans une sorte de café privatisé où activistes, blogueurs, tout ceux qui ne pouvaient pas avoir accès directement aux négociations, pouvaient se retrouver et partager les informations sur celles-ci. J’ai donc eu l’idée de reproduire un tel environnement dans le cadre de la COP21 afin d’offrir aux médias et nouveaux médias un site dédié qui puisse permettre aux gens de se retrouver, d’échanger et de lancer ensemble une nouvelle dynamique pour aborder les questions climatiques sous un autre angle.

Alors, Place to B aujourd’hui, c’est un espace qui peut accueillir 600 personnes qui dorment sur place. Il y a des espaces de « co-working ». Des ateliers sont organisés en journée et des points – » Place to Brief « – sont effectués les soirs pour procéder au bilan de ce qui s’est passé au Bourget et dans Paris pendant la journée. Par ailleurs, sont prévus des « temps de respirations » ou « Place to Breath » avec des intervenants des pays du monde entier qui réfléchissent sur des thématiques de la conférence.

Comment pensez-vous que les actions de Place To B peuvent influencer les négociations ?

« On a envie que ça marche »

Au-delà des messages ou slogans que nous pouvons envoyer à l’endroit des politiques, c’est un changement de paradigme culturel qu’il faut. Impulser un large mouvement des citoyens, des donateurs, des réseaux sociaux, des médias est indispensable pour faire changer la donne.

Si vous devez, vous retrouver avec Xi Xinping, le président de la Chine, 1er pays pollueur, que lui diriez-vous ?

Je pense que la Chine a compris depuis un certain temps déjà, – l’impact de la pollution atmosphérique sur ses habitants aidant-, la nécessité d’agir face aux changements climatiques. Les récents rapprochements constatés avec les USA témoignent d’ailleurs de cette prise de conscience. Je ne sais pas ce que je pourrai lui dire en tant que Anne-Sophie Novel, mais j’ose espérer qu’il (Xi Xinping) puisse développer et adopter des solutions technologiques innovantes qui permettent de lutter contre le réchauffement climatique. Notons que tout ceci, doit être épaulé par des actions dans le domaine social.

Une COP21 réussie : Quelles en sont les conditions idéales selon vous ?

Jusqu’à présent, il y a beaucoup de volontarisme. Les chefs d’Etat ont montré des signes d’engagements qu’on n’avait jamais vus auparavant. Cela a suscité l’enthousiasme et une certaine frénésie. Mais sans doute faudra-t-il se méfier des effets d’annonce. Les solutions quotidiennes de plus en plus poussées existent. Il faut alors continuer à les faire peser sur les négociations en cours à Paris. Par ailleurs, certains mettent sur la table l’objectif de 2°C, d’autres mettent en avant la question des financements. De toute évidence, je pense que pour obtenir un accord bénéfique pour tous les partenaires, l’une ou l’autre des propositions ne doit pas être sacrifiée, les deux doivent être pris en compte dans un futur accord.