Ils sont des millions de femmes, hommes et enfants de toutes les nationalités. Ils ont pour la plupart été condamnés à quitter leur milieu de vie. Certains d’entre eux viennent d’Asie, des petites îles d’Océanie à basse altitude comme : le Vanuatu, Kiribati. D’autres encore viennent d’Afrique, du delta du Niger ou du Nil. « Ils », ce sont les réfugiés climatiques.

Réfugiés d’un autre type

Contrairement aux réfugiés économiques ou politiques qui migrent  pour satisfaire un besoin économique ou fuir des persécutions politiques, les réfugiés climatiques se déplacent pour échapper à des problèmes environnementaux.

Il peut s’agir selon les cas, d’un déplacement à long ou à court terme en réaction à un évènement naturel soudain ou saisonnier: hausse des températures, inondations, sécheresses extrêmes, hausse du niveau de la mer, etc.

L’ expression « réfugiés climatiques » est un concept  qui date des années 80. En 1985, un rapport pour le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) définissait les réfugiés climatiques comme « ceux qui sont forcés de quitter leur lieu de vie temporairement ou de façon permanente à cause d’une rupture environnementale (d’origine naturelle ou humaine) qui a mis en péril leur existence ou sérieusement affecté leurs conditions de vie ».

Des chiffres frappants

Le Global Report On Internal Displacement (Rapport global sur les déplacements internes) du Conseil Norvégien pour les réfugiés publié en mai 2016, révèle que l’année 2015 a  connu environ 19,2 millions de nouveaux déplacées dans 113 pays à travers le monde. Le rapport évoque comme causes de cette situation, les inondations, les extrêmes températures, les tempêtes, les glissements de terrain,etc.
Toujours d’après ce rapport, à travers ces huit dernières années, il y a eu 203,4 millions de déplacés dû aux désastres climatiques soit, la population entière du Brésil.

Des zones très touchées

Le rapport souligne que, la  grande majorité des déplacements a eu lieu en 2015, dans les pays en développement et dans les petites îles comme : Tuvalu, Kiribati, la Micronésie. L’Asie reste le contient le plus touché en particulier les régions d’Asie du sud et de l’est. Le rapport observe ainsi que la surpopulation et la fréquence des cataclysmes font du continent asiatique le théâtre privilégié de l’exode climatique. L’ Inde, la Chine et le Népal ont les chiffres les plus élevés avec respectivement 3,7 millions ; 3,6 millions et  2,6 millions  de déplacés.

Cependant,  aucune région du monde n’est épargnée. L’ Amérique latine et les Caraïbes ont contribué à  8%  des déplacés avec environ 1,5 millions de nouveaux déplacés, l’Afrique subsaharienne pour 6% avec 1 millions de personnes déplacées.
En Afrique australe, au Malawi, les pluies saisonnières de Janvier 2016 ont déplacé la majorité des 340000 personnes qui ont fui leur maison en 2015.
Par ailleurs, l’organisation internationale des migrations estime à plus de 280000 le nombre d’éthiopiens déplacés entre Août 2015 et Février 2016 à cause de la sécheresse.